Offrir un cadeau à quelqu'un qui grimpe déjà

Quatorze heures, deuxième relais d'une voie de six longueurs. Le leader est parti dans la traversée, la corde file par à-coups, et vous êtes assis dans votre baudrier depuis vingt-cinq minutes. Les sangles scient l'arrière des cuisses, un pied s'endort, vous changez de position tous les trois mouvements de corde. C'est un moment que tout grimpeur de grande voie connaît par cœur, et c'est exactement celui dont aucun guide cadeau ne parle.

Tapez « idée cadeau escalade » dans un moteur de recherche et vous obtiendrez la même liste recopiée d'un site à l'autre : t-shirt à slogan, poutre d'entraînement, mug en forme de prise, baudrier d'entrée de gamme. Ces listes sont écrites pour quelqu'un qui grimpe en salle deux soirs par semaine depuis six mois. Elles sont inutiles si la personne à qui vous voulez faire plaisir passe ses week-ends sur des voies de plusieurs longueurs.

Le problème est toujours le même. Un grimpeur confirmé possède déjà son baudrier, ses chaussons, son casque, son assureur.

À qui s'adresse ce guide

À ceux qui cherchent un cadeau pour un pratiquant de grande voie, de terrain d'aventure ou d'alpinisme.

Si la personne fait uniquement du bloc en salle, ce guide ne vous servira à rien : le marché du cadeau salle est saturé et les recommandations classiques (soins de peau, matériel d'entraînement, sac de bloc) fonctionnent très bien.

Une question suffit généralement à trancher : « tu grimpais où, ces derniers week-ends ? » Inutile de faire l'inventaire du sac, la réponse vous dira tout.

Nos critères de sélection

Nous avons appliqué quatre filtres, dans cet ordre.

Aucune taille à deviner. Un cadeau qui dépend d'une pointure, d'un tour de cuisse ou d'une longueur d'entrejambe finit au SAV ou au fond d'une armoire.

Aucun équipement de protection individuelle. Offrir un EPI à quelqu'un dont vous ne connaissez pas le matériel existant est une mauvaise idée, y compris juridiquement. Un baudrier, une corde ou un casque se choisissent par le pratiquant lui-même.

Un encombrement compatible avec un sac déjà plein. En grande voie, chaque objet doit justifier son poids et son volume. Un cadeau qui ne rentre pas ne sortira jamais.

Un usage réel, plusieurs fois par saison. C'est le critère qui élimine 90 % des listes existantes.

Ce que nous écartons, et pourquoi

Les chaussons arrivent en tête des mauvaises idées. Un grimpeur qui a enfin trouvé une paire qui lui va n'a aucune envie d'en recevoir une autre choisie au hasard. La pointure varie d'une marque à l'autre, la forme du chausson est une affaire personnelle, et l'écart entre deux modèles de même taille peut atteindre une demi-pointure.

Le baudrier relève de la même logique, avec en plus la dimension EPI.

La corde suppose de connaître trois paramètres au minimum : la longueur, le diamètre et le type (simple, double ou jumelée). Se tromper sur l'un des trois revient à offrir quatre kilos de nylon inutilisable.

Quant aux goodies, ils produisent un sourire le jour même et rien le lendemain. Ce n'est pas un cadeau, c'est une carte de vœux plus chère.

Ce que change le budget

En dessous de 30 euros, vous restez dans le consommable : brosse, magnésie, topo local. C'est utile, mais personne ne se souviendra de vous six mois plus tard en sortant une brosse du sac.

Entre 50 et 100 euros, vous êtes dans la bonne zone. Assez pour que le cadeau ait du poids, pas assez pour financer une saison entière ou mettre le destinataire mal à l'aise. C'est aussi la tranche où l'on trouve des objets techniques qui ne se dimensionnent pas.

Au-delà de 150 euros, casque, doudoune et sac deviennent envisageables, à condition de connaître la marque habituelle et la taille. Dans le doute, redescendez d'un cran.

Notre recommandation : la sellette de relais

Le temps passé assis au relais est le point aveugle de tout l'équipement de grande voie. On optimise le poids des dégaines, le volume du sac, la longueur des sangles, et on accepte sans discuter de rester suspendu vingt minutes dans un baudrier conçu pour amortir une chute, pas pour tenir une conversation.

Une sellette de relais règle ce problème pour quelques dizaines de grammes.

L'Assmac, fabriqué dans le Nord Isère, pèse 31 grammes. Tresse Dyneema et nylon ripstop 40D, réglable de 42 à 72 centimètres, il se range dans une poche de pantalon. Il est vendu 75 euros, en orange, à raison d'un exemplaire par commande. Expédition sous deux jours ouvrés, garantie deux ans, retour possible sous trente jours.

C'est le type d'objet qu'un grimpeur expérimenté n'achète jamais pour lui-même, parce qu'il a appris à faire sans. C'est précisément ce qui en fait un bon cadeau.

Les autres pistes qui tiennent

Un topo. Le topo du massif prévu pour l'été prochain, avec un mot glissé à l'intérieur. C'est un outil, il servira sur le parking.

Des lunettes d'assurage, si la personne assure encore la tête en arrière. Une trentaine d'euros, un usage quotidien en falaise.


Transparence : cet article est publié par Assmac et recommande son propre produit. Les caractéristiques techniques citées sont celles du fabricant. Les recommandations concurrentes sont mentionnées sans lien commercial.